Marion Le Pennec : L’ombre de l’encre (Yannick Lefeuvre / Vivre l’Art Magazine)

Juste avant de plonger, l’eau miroite, on entend le “plouf”, les poissons s’affolent. Il y a tout cela quand je plonge dans les toiles de Marion Le Pennec. Je mesure même qu’en fait, ce serait la toile qui plonge en moi. Il y a dans ses œuvres une stupéfaction de sensations, une senteur, un goût, une complétude à être au monde. Tout à coup face au tableau, on apprend qu’on n’y était pas encore ou qu’il fut un temps où nous y étions, un temps oublié, enfoui et séparé de notre présent. Par elle et ses encres, cet état nous fait retrouver le passé et du coup nous jette comme par ses vagues vigoureuses dans un futur vivifiant. Que demander d’autre à la peinture … sinon le vif de la vie empoigné de cette belle manière.

http://vivrelartmagazine.blogspot.com/2018/09/marion-le-pennec-lombre-de-lencre.html

Exposition à Morgat

MARION LE PENNEC

Notice biographique

Marion Le Pennec est née en 1973 et vit actuellement à Auray dans le Golf du Morbihan, où se trouve également son atelier. Après une préparation à l’école Met de Penninghen, elle obtient un DEUG d’Arts Plastiques à l’Université, avant d’intégrer l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs à Paris. Dans ce cursus, où elle se spécialise en design textile, elle pratique également la peinture, la gravure et la photo – univers de noir et blanc, qu’elle affectionne déjà. Sa carrière débute dans la création de textiles pour costumes à l’Opéra Bastille. Une mission d’enseignement dans ce même domaine lui est confiée et la conduit à l’Université de Namibie, où elle séjourne 4 mois et participe à un Workshop international en plein cœur du désert rouge. A son retour , elle réalise des installations de « Morceaux de nuit », présentées dans de nombreux lieux. Elle intègre ensuite les Ateliers Artistiques de la Ville de Vannes et anime des stages, formations et ateliers auprès de différents publics.

Plus tard, elle reprend ses pinceaux et trouve une nouvelle inspiration dans le noir et le blanc avec l’encre de Chine qu’elle mêle parfois à d’autres matériaux.Très touchée par l’œuvre de Gao Xingjian et les encres de Victor Hugo, Marion Le Pennec explore l’expérience humaine et la restitue sous la forme d’une danse d’ombre et de lumière. Cette grande passion pour l’encre, associée à sa partenaire, l’eau, est pratiquée comme un chant de l’instant, nourrie par la tradition de « l’unique trait de pinceau » propre à la peinture asiatique.

En 2016, elle est invitée en résidence artistique à Tucheng (Guizhou, Chine) et par ailleurs elle obtient le deuxième prix de peinture décerné par l’EWAAC à Londres.

Élisabeth Picot Leroy